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mar. 25 jan 2005

18/20 à ma Palme et mon OSCAR !

Oscar_1J'aurais voulu être réalisateur de cinéma.
Personne au monde ne s'est vu plus souvent que moi monter, souriant, les marches rouges du palais des festivals de Cannes.
Les foules entassées scandent mon nom, je leur souris gentiment parce que je sais ce que c'est que d'admirer quelqu'un et de n'être rien.
J'en ai reçu des prix.

Et les discours... Combien de discours de remerciement j'ai pu réciter, seul dans mon lit, à l'adresse "de mes parents, de mes amis qui ont cru en moi, de mon producteur sans qui le film n'aurait jamais pu se faire (je lui fais un clin d'œil complice que la caméra ne manque pas de surprendre), et tous ces techniciens dont on parle très peu mais qui constituent le moteur d'un film, "moteur" entre guillemets, les amoureux de cinéma auront compris... Je remercie aussi M, qui chaque jour m'a poussé à poursuivre, dans les moments de découragement les plus éprouvants."

Je ne sais pas quoi dire, snif, je me reprends.

"Je pense aussi à ceux qui n'ont pas eu le prix ce soir et qui l'auraient tout autant mérité, Wim, Claude, Francis Ford, Woody, Adrian, Oliver, et je me dis que m'appelant Cyrille, c'est un miracle d'avoir obtenu cette Palme."

Rires dans le palais des festivals et dans le monde entier...

"Je pense aussi à tous les intermittents du spectacle, qui même s'ils sont intermittents, n'en sont pas moins du spectacle. Je voudrais aussi profiter de la présence de Monsieur le Ministre pour demander à l'Etat français de protéger l'exception française face au rouleau compresseur américain qui nous roule et nous compresse."

Rires dans la salle, mais pas spécialement voulus...
Il y a d’autres soirs où je rêve que je reçois l'Oscar du meilleur acteur.
Après avoir laissé mon empreinte sur Sunset Boulevard, j'accède au Palais des Oscars dans ma limousine blanche, version maquereau du Bronx, avec, à mon bras gauche, Sharon Stone, et à mon bras droit, Famke Jensen.

Je suis irrésistible dans mon smoking noir. Ca flash de partout ! Je souris à tout le monde, mais je suis ailleurs, complètement grisé par un succès que le Times juge exceptionnel. On me prête une liaison avec Sharon, depuis le tournage.

Famke_1 A la regarder, on se demande si elle n'est pas amoureuse.Quant à Famke, elle a déclaré dans Vanity Fair que, je cite, "Cyrille est sans doute l'acteur le plus sexy avec lequel j'ai eu la chance de travailler, et le plus talentueux..."

Billy Cristal fait son show. Toujours aussi drôle ce Billy, il me sert d'ailleurs la main au passage. Ce sont Clint Eastwood et Lauren Bacall qui remettent le prix.

"Les cinq nominés pour l'Oscar du meilleur acteur sont :

- Roulement de tambour, images sur grand écran, applaudissements instantanés -

"Robert de Niro dans, "The first night upon the bridge".

Applaudissements, extrait, applaudissements.

"Johny Depp dans, "The Tippi's inconscious mind of the silver mountain."

Applaudissements, extrait, doutes.

"Keanu Reeves dans, "Funy legume in the elevator".

Applaudissements, extrait, rires.

"Cyrille, dans, "The brillant man".

Hystérie collective, extrait, larmes d'émotion.

Et enfin Paul Newman dans, "Old skin is back, Janet."

Applaudissements, extrait, respect.

Clint sourit à Lauren avec cette classe qui l'a rendu célèbre dans le rôle de Blondin[1]. Lauren, émue malgré son grand âge, décachette l'enveloppe.

"Inde ze ouiner iz... Cyrille dans "The brillant man".

On n'a même pas entendu le nom du film tellement la salle hurlait. Il faut voir comment je me lève de mon siège en tenant mon smoking. Sharon me roule une galoche au passage, faisant taire les rumeurs. Un type dont j'ignore qui il est me sert la main. Je lui souris gentiment et tout le monde se demande qui c'est, ce con. Mon producteur me love avec des dollars dans les yeux, des millions de femmes pleurent devant leur poste de télé d'américaine moyenne.

Sur l'écran, en incruste, on voit les têtes de Robert, Keanu, Paul et Johny qui n'ont pas l'air complètement heureux. Je monte sur la scène et... je vous passe le discours. De la folie, du génie, de l'humour. On manque d'adjectifs pour décrire cet acteur étonnant, merveilleux, riche, adulé...

(Vous m'excusez je reste sur cette douce impression de gloire... A bientôt... Chuuuut.)

[1]Dans « El bueno, el feo y el malo », version espagnole.

Clint

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