18/20 à cette expérience scientifique unique au monde !
En mars 2004, Kevin Trevor, sexologue à l'hôpital d'Atlanta, réussit à mettre en évidence une théorie ma foi fort révélatrice. Je vous la rapporte telle qu'on me l'a racontée.
"L'expérience comporte quelques risques", lança le professeur.
Sharon ne sourcilla pas.
Elle était prête, depuis longtemps et cette expérience constituait le clou de ses recherches.
Ensemble, ils demandèrent aux cent jeunes femmes présentes de se rendre dans leur chambre. L'hôtel entier avait été réquisitionné par le C.R.O.F. (Centre de Recherche sur l'Orgasme Féminin).
Les trois étages du bâtiment de style géorgien virent un gigantesque panel d'américaines moyennes se dévêtir et s'allonger, nues, sur leur lit douillet.
Chaque chambre était équipée de deux caméras, reliées à un panneau de surveillance géant, communiquant à une équipe de spécialistes les réactions, en live, de leurs souris géantes.
On demanda aux cent mâles sélectionnés de se rendre dans la chambre qui leur avait été attribuée de manière aléatoire. Sorte de grand loto où vous pouviez tomber sur la plus belle comme sur la plus repoussante, exactement comme dans la vraie vie. A trois heures pétantes, un petit bip lancé depuis le parking de l'hôtel indiqua aux cent couples qu'ils pouvaient commencer à copuler, comme ils le voulaient, en prenant bien soin de s'imaginer être très très amoureux.
Le professeur Trevor et Sharon avaient bien pris la peine de juger chacun de ces volontaires en fonction de leur capacité à prendre du recul sur l'événement, à se soustraire à la peur de l'inconnu, et, en ce qui concerne les hommes, à leur habileté à enfiler un préservatif sans passer pour une nouille.
Tout le monde était en place derrière les écrans et l'on commença à
observer. On a beau être scientifique, on n'en est pas moins hommes, et
les dix premières minutes furent davantage destinées à étouffer des
fous rires de gêne qu'à une véritable analyse scientifique, stricto
sensu.
A trois heures quatre, le couple de la chambre 208 avait déjà terminé,
tandis que celui de la chambre 132 n'avait pas commencé à se dévêtir.
Sharon avait bien imaginé qu'un tel phénomène se produirait, c'est
pourquoi elle avait suggéré de mener deux études parallèles, l'une sur
le premier rapport et l'autre sur le second. Grand nombre d'hommes
trouvèrent l'idée judicieuse, quant aux femmes, habituées, elles ne
trouvèrent rien à redire.
Les cris de la 154 empêchèrent ceux de la 155 de se concentrer et il fallut téléphoner pour demander de baisser d'un ton.
A la 203, la sécurité dut intervenir quand Aldo, jeune athlète
sud-américain, se mit à frapper violemment Béatrice, bibliothécaire à
Reno.
"Elle me l'avait demandé !" se défendit Aldo. Mais Béatrice nia ses grands dieux et l'on dut les emmener, en sang, à l'infirmerie.
La 178 suivait un pas de sénateur, ce qui sembla parfaitement normal "puisqu'il est adjoint au Maire" s'amusa à remarquer Sharon.
Kevin Trevor sourit et trouva son assistante soudainement très sexy.
Par un étrange hasard, on constata que toutes les chambres situées
entre les numéros 161 et 171 avaient penché vers des solutions annales.
Le professeur Gibbons souleva la possibilité d'une influence des
nombres sur le choix des orifices, comme au golf. Tout le monde rigola
mais l'on nota tout de même scrupuleusement cette théorie.
Peggy, la petite stagiaire, avait été chargée de dénombrer, à la louche
et le plus vite possible, les clitoridiennes évidentes, les peines à
jouir, les frigides du premier degré, les excitées du bulbe, les
arracheuses de dos, les injurieuses, les frustrées, les pleureuses, les
éjaculatrices précoces, les indifférentes et les simulatrices. La
pauvre Peggy en était à peine à treize clitoridiennes quand on assista
à un phénomène très étrange. Le type de la 178 ressemblait à s'y
méprendre au professeur Andersenn, grand spécialiste danois venu en
observateur attentif et que personne n'avait retrouvé après le
déjeuner.
C'est le professeur Gibbons qui le dénonça.
Le type de la sécurité dut bien entendu prendre des gants pour extraire le viking de sa besogne -"évitons les incidents diplomatiques" argua Kevin Trevor -, laissant Maria, la jeune serveuse texane, complètement frustrée à "une minute de mon orgasme", hurla-t-elle.
Sharon proposa que le type de la sécurité finisse le travail, "moyennant un supplément de salaire" insista-t-il, ce qui froissa la serveuse et reporta son orgasme d'une bonne dizaine de minutes.
Le dernier couple, celui de la 213, finit sa deuxième étreinte dans un
hurlement coordonné et parfaitement simultané vers 17h34, ce qui laissa
tout le monde admiratif. On applaudit, se serra les mains, se
congratula.
Les deux cents participants furent autorisés à plonger dans la piscine, boire un soft drink et s'en aller.
Kevin Trevor raccompagna ses collègues vers la sortie et retrouva
Sharon, complètement rouge, sur la table du laboratoire improvisé dans
les sous-sols de l'hôtel.
"Mais que faites-vous professeur ? Enfin... mais que faites-vous ?" fit la jeune biche.
Kevin quitta sa blouse, baissa son slip et présenta son kiki de grand savant à la jeune étudiante pleine de respect.
"Mais professeur, j'ignorais vos sentiments...".
Elle se rua sur la bête avec la grâce d'une fée et le professeur gémit
en quelques minutes, en ayant parfaitement conscience d'avoir dépassé
son simple devoir. Mais enfin bon...
Les résultats de l'étude furent publiés une semaine plus tard dans le
très sérieux Scientific Day de Pitzburg, un magazine entièrement voué à
la sexologie.
Je vous les livre sans commentaires, les chiffres parlent d'eux-mêmes.
- 90% des clitoridiennes sont filles de parents divorcés.
- 30% des femmes sont à la fois clitoridiennes et vaginales, mais seulement 50% d'entre elles savent s'en servir en même temps.
- Le temps moyen de l'acte sexuel (hors préliminaires) est de 5 minutes pour le premier rapport et 22 minutes pour le deuxième.
- Les femmes dont le père est mort griffent le dos de leur partenaire dans 40% des cas. Elles griffent les fesses dans les mêmes proportions quand c'est la mère qui est décédée.
- Les orphelines se rongent les ongles, et heureusement.
- 55% des femmes qui ont pris leur plaisir se positionnent au-dessus de leur partenaire. 22% en dessous. 12% à quatre pattes. 6% sur le côté. 5% se lavaient les dents dans la salle de bains mais semblent avoir ressenti quelque chose de fort tout de même.
- 33% des femmes sont frigides. 56% d'entre elles expliquent cela par un manque certain d'amour. 24% estiment que le sexe de leur partenaire n'était pas assez gros. 12% pensent l'inverse et ont exigé un traitement à la cortisone. 8% d'entre elles ont avoué qu'elles préféraient les femmes (cela dit, elles auraient pu le dire avant.).
- 45% d'entre elles crient quelque chose d'incohérent au moment de l'orgasme. 22% insultent leur partenaire. 14% demandent pardon à Dieu ou à leur mère. 7% chantent une petite ballade de leur cru (on notera que les deux filles originaires du Nevada ont chanté Singing in the rain, ce qui a fortement intrigué le professeur Gibbons).
- Concernant les hommes, en annexe, 87% de ceux qui avaient joui en moins de trois minutes ont prétendu que c'était la première fois que ça leur arrivait. 56% d'entre eux ont mis ça sur le coup de la situation un peu stressante, des caméras. 23% ont même eu l'audace de dire qu'il n'y avait pas assez d'amour, et que sans amour le sexe n'a pas de sens.
Je souhaiterais conclure ce récit par une citation de mon cru : "L'homme et la femme ont en commun leur désir de jouir, mais ils s'y prennent comme des manches de pelle..."
Si cette citation vous rappelle quelque chose, c'est normal.
