05/20 à cette petite tarée de Dora !
Dora
l’exploratrice est une petite fille qui remplit chaque matin une
mission majeure, accompagnée de son couillon d’ami singe prénommé
Babouche. Si vous avez des enfants, vous savez de quoi je parle, si
vous n’en avez pas, ça peut influencer votre décision future, soyez
très attentifs...
La petite Dora a une tête plus grosse que son corps et une coupe à la Mireille Mathieu. Dans la vraie vie, elle serait passée à “Incroyable mais vrai” ou serait directement allée en prison pour cruauté envers la nature. Mais là, c’est elle le héros. Elle est péruvienne et adore explorer, c'est son hobby. Un jour, elle a rencontré un petit singe avec des Moon Boots rouges sans lacets. Le petit gars est un peu neuneu et passe son temps à perdre ses affaires. Dans l’épisode d’hier, il avait perdu son ballon. Le pitch de l’épisode qui dure quand même facilement 26 minutes, c’est “Mais comment allons-nous faire pour retrouver ton ballon, mon petit couillon de Babouche ?”
Heureusement les scénaristes ont tout prévu et nos héros disposent
d’une carte (avec des yeux) qui sait tout et qui chante une chanson à
ce sujet. Les paroles de la chansons sont limpides : “J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte, J’suis la carte...”
Le déroulé de la mission se fait toujours en trois parties pour ne pas
déstabiliser nos chères têtes blondes ou noires ou rousses.
En
général, ils doivent passer par le pont où se trouve Pompon le Lutin
grognon, un personnage à mi-chemin entre le Capitaine Caverne et
Charles Pasqua. Pour passer le pont, ils doivent répondre à une énigme,
exactement comme dans Sacré Grââl. Exemple : “Combien y a-t-il de pommes dans le pommier ?”
S’ils répondent juste, Pompon les laisse passer. Rassurez-vous, il est
rare que ça foire et je n’ai encore jamais vu Dora être obligée de
filer un coup de genou dans les roustons du lutin.
Ensuite il est tout à fait possible qu’ils doivent traverser la marre aux crocodiles.
Malheureusement
ils n’ont pas de bateau (sauf si Vera le Varan passe dans l’épisode,
mais ce n’est pas systématique), et doivent donc imaginer des plans de
substitution hallucinants pour parvenir à leurs fins (je rappelle
qu’ils font tout ça pour retrouver un ballon qui est sans doute allé se
percher en haut d’une montagne par on ne sait quelle magie). Pour les
crocodiles, Dora a trouvé la parade. Il faut siffler un air de flûte
qui va les endormir et leur clouer le bec. Comme ça ils pourront faire
comme James Bond et leur sauter dessus, et donc atteindre l’autre rive
sans se faire bouffer la moumoute. Mais ils n’ont pas de flûte !!!
C’est la merde. Comment ils vont faire les deux tarés ?
Fastoche : ils ont un sac à dos (avec des yeux) qui chante : “J’suis le sac à dos, j’suis le sac à dos, j’suis le sac à dos...”.
Et là Dora nous demande (parce qu’il est 7h45, que j’ai la tête dans le
fion, ma fille sur les genoux et son biberon dans le bec, et que si ne
je mets pas Dora elle ne bouffe pas, et que je vais être en retard au
boulot, et qu’à tous les coups ça va être de ma faute), donc elle nous
demande : “Sauras-tu retrouver l’objet qu’il nous faut pour
endormir les crocodiles, espèce de débile de téléspectateur qui regarde
TF1 à 7h45 au lieu de partager de bons moments d’intimité avec ta
famille ?”. Là, mon fils répond “Ouiiiiiiii” en étalant du Nutella sur le canapé (là aussi ça va être de ma faute, à tous les coups !).
Et là, du sac à dos, sortent six objets divers parmi lesquels se trouve bien entendu la dite flûte. Mais il y a aussi un tracteur, une pelle, une corde, une balançoire et une banane. Autant dire que c’est un sacré sac à dos que nous avons là ! Bref, ils trouvent la flûte, jouent un air à la con, en général d’inspiration péruvienne, les crocodiles s’endorment, ils font quatre bonds ridicules et se retrouvent de l’autre côté. Youpi. Ma fille secoue les bras en signe de joie et mon fils renverse son weetabix sur la moquette, ce qui est tout à fait normal.
Arrive
alors enfin l’instant tant attendu, celui qui a fait le succès de cette
émission, le leitmotive télévisuel comme il y en a dans toutes les
séries (pensez au “Waoouuuu” de Fonzy ou au petit pas de danse de
Monica), voici enfin venir Chippeur le Renard !!!
Le gars est une star. “Ce sournois de renard va sûrement vouloir nous voler notre flûte !” dit le petit enculé de singe qui commence à me saouler avec sa voix de taré ! “Pour empêcher Chippeur le Renard de nous voler la flûte, dis arrête de chiper Chippeur trois fois !”.
A cet instant j’espère presque que mon fils lui dise d’aller se faire
voir à cette psychopathe hydrocéphale, mais non. Il répète trois fois “Arrête de chiper Chippeur !" Et bien entendu, ce trouduc de renard s’arrête et nous lance la réplique qui l’a rendu célèbre dans le monde entier : “Oooooooh Miiiiiiiiiiince !”.
Ma fille de un an et demi se réjouit et beugle un truc du genre “gnnnnoooo Mmmmmmm”.
ELLE L’IMITE !!! Ma fille d’un an et demi imite un empafé de renard
incapable de chourer une flûte à un wistiti !!! Je rêve...
Comme
ils ont réussi leur mission, il y a un petit orchestre composé d’un
escargot, d’une sauterelle et d’une grenouille qui passe à toute
vitesse pour leur jouer quelques notes de victoire, et ils
disparaissent aussi vite (je dois avouer que j’adore ce passage-là).
La
fin je vais la faire courte : ils arrivent en haut trouvent le ballon,
se congratulent et chantent une chanson qui s’intitule “C’est gagné, yes, we did it !”. Une chanson réalisée à titre éducatif pour que ma fille, en plus de parler couramment le renard, sache dire "bonjour, saute, ouvre et c’est gagné" en anglais, ce qui est très utile dans les petites classes pour se barrer en douce pendant la sieste.
Bon, ça m’a crevé cet épisode, faut que je me dégrouille, avec tout ça faut que je me dépêche, sinon je vais me faire embarquer sur un nouvel épisode de Franklin la Tortue, et là faut pas déconner !
