06/20 à "Cosmétique de l'ennemi" !
Il y a quelques semaines, j’avais écrit une note sur un ouvrage d’Amélie Nothomb qui m’avait fait autant d’effet qu’une pensée de Marlène en Guyanne. Ne prétendant en rien passer pour un critique littéraire, je me permettais juste de donner mon impression sur un livre, sur mon blog, ce qui est mon droit le plus strict (je fais gaffe maintenant). Dans les commentaires, une jeune femme charmante défendit avec passion la jeune Amélie, regrettant les attaques systématiques livrées par grand nombre de lecteurs à l’encontre de cette écrivain prolifique. Par souci de justice, et respectueux de la littérature, j’ai proposé à notre “commentateuse” de m’indiquer LE roman de Nothomb à lire s’il ne fallait en lire qu’un. Bien entendu, l’exercice était périlleux, car comment savoir ce que j’allais aimer ou pas, c’était délicat. Elle a gentiment pris le risque et m’a suggéré “Cosmétique de l’ennemi”, un titre prometteur...
Résultat : “Cosmétique de l’ennemi” ne m’a pas fait plus d’effet qu’un bon mot de Jean Roucas en Guyanne (je soigne mes références). En dehors d’un suspense tout à fait léger qui nous oblige à lire le livre jusqu’au bout (“Mais comment cela va-t-il finir ? Va-t-il se faire tuer ? Oulala...”), ce roman est selon moi impossible d’un bout à l’autre. Les dialogues sont fabriqués, fantasmés, travaillés avec un telle précision qu’on a l’impression d’assister à une discussion de Khâgneux parlant de la finale de la Champion’s league... Improbable.
Bien entendu, et sans trahir la fin pour ceux qui n’ont pas vu le film (oups), il apparaît normal que le dialogue soit irréel, mais tout dans les réactions de la victime est “incrédible” ! Un gars me ferait le quart de la moitié de ce que le héros subit, je vous assure qu’il serait déjà pendu par les couilles à la page 12 et ce roman au demeurant peu épais se transformerait en une nouvelle estivale sympathique, idéale pour habiller le cahier central de Elle. Certes, le héros peut difficilement se débarrasser de son importun casse-noisettes comme ça, puisque l’importun est imaginaire (oups, j’ai défloré le suspense, désolé), mais quand même ; quand on referme le livre, on a l’impression d’avoir senti un léger coup de vent sur l’esprit et puis c’est tout. Ou comment faire un roman avec rien, en extrapolant un dialogue impossible, certes bien écrit mais sans but ni contenu. Alors je sais, on pourra dire que c’est une métaphore de la culpabilité transcendée dans une sublimation de l’amour, partagée entre regard sur soi et anatomie de la violence, dans une vision Hegelienne de la choucroute garnie, mais non...
Pas terrible. Je le répète, chers visiteurs qui arriverez ici en tapant Amélie Nothomb sur Google, je ne prétends en rien à une légitimité littéraire quelconque dans mon approche de certains romans, je parle en tant que blogueur lambda, capable du meilleur comme du pire. Je vais tenter, par souci de justice et respect de la littérature (et de notre camarade étudiante), de lire un troisième Nothomb. Si avec tout ça on y arrive pas, je m’inscris à la Nouvelle Star.
