Le Grand Bug...
Depuis deux jours ma société traverse un drame technologique. Peu à peu, les flux numériques se raréfient, les mails tombent au compte goutte, les connexions internet sont longues, très longues. Dans le même temps, une chaleur estivale tardive vient échauffer les esprits irrités. “J’ai plus aucun mail depuis quatre heures !”, entend-on sur la gauche... “Aucune connexion avec nos clients !”, lance-t-on à droite... C’est la panique. Des perles de sueur apparaissent chez les plus émotifs. D’autres restent dignes...
De mon côté je suis au bord du gouffre. Je pense que si ça continue, je vais faire un malaise vagal. J’ai des picotements dans les pommettes, des petits points noirs qui apparaissent dans mon champ de vision, une montée d'acné juvénile subite. JE N’AI PLUS ACCÈS AUX BLOGS (ou par intermitence) !!!! Arrrgghhhhhh... Que se passe-t-il hors de ce bureau ? Le Grand Bug est-il arrivé ? Sommes-nous en train de vivre les premiers symptômes de “Ravage” ?
On me signale que le routeur est cassé. Je respire... L’apocalypse n’est pas pour tout de suite. Je me voyais déjà en train d’appeler tous les internautes que je connais pour qu’on se retrouve autour d’un feu de bois dans la forêt de Montargis. Qu’on s’organise pour recréer un réseau... Qui sait construire un réseau ? Levez la main ! Diantre... Comment reconstruire Internet si ça explosait... Je pense qu’on mettrait à peine deux semaines... Avec une ribambelle de geeks qui voudraient devenir Bill Gates à la place du Bill Gates. Ne pas reproduire les mêmes erreurs, vérifier que “MySQL n’est pas dans les pâquerettes !”, se blinder en sécurité, bloquer les flux migratoires nocifs.
Sinon, si l’informatique s’arrête, nous allons être obligés de nous voir pour poursuivre nos conversations. Nous serons contraints de nous dire en face que “P’tain trop MDr !” ou “ta gueule sale troll !” ou encore “elle est trop cool ta grimace !”. Pour nous écrire, nous devrons repasser par La Poste ! ha ha ha, je déconne, pas La Poste. Bah si...
Finis les blogs. Nous ne pourrons plus nous faire remarquer par une jeune étudiante de Cambera ou un écrivain de Los Angeles. Retour à la case village à faire le pitre devant la mairie.
Que se passera-t-il le jour où il n’y aura plus Internet ?
