Ou comment je me suis retrouvé paumé à l'inauguration du QG de campagne de Marie-Ségolène...
Pardon... Excusez-moi... Oups. Aïe. Désolé. Pardon. C’est où ? Là. Salut Gilles. Aïe. Faites attention quand même. Oups. Désolé. C’est mon casque. Non, y’a pas de vestiaire. Salut John-Paul, t’es venu avec Madame ? Ha ha ha. Bon, on va où ? Ce sont des militants tout ça ? Y’a de la caille dis-donc. Salut Thomas, salut Emery. Qu’est-ce qu’on fout ? Elle est là Royal ? Oui ? Dans la première tente ? La deuxième peut-être. Aïe. Bonjour mademoiselle. Désolé, c’est mon casque. Je vous jure. Quoi ? C’est là la conf ? Ils ferment ? Je le crois pas. T’as vu ça, on va rester dehors. Non attends, ils laissent entrer les caméras. Attends j’ai mon téléphone, je tente. “Je suis blogueur, c’est une petite caméra mais c’est une caméra... 20sur20”, “Allez-y !”. Ha ha ha, je le crois pas. Aïe, ouille, mais heuuuu, poussez pas ! Salut Christophe, t’es là pourquoi ? Journaliste ou militant ? Journaliste, très bien. Chuuuut, elle arrive. T’as vu ils ont reconstitué la pub Benetton sur l’estrade ; quatre noirs, deux jaunes et une mini-jupe, c’est bon ça, ça sent la France d’après. Ha non pardon... La voilà, la voilà ! Ségolèèèèèèène, youhouuu...
... Bidi boli poupou, cramani lipabubu, chimili zenzen de liberalisme du boudouboudou de la précarité, je veux ci, je veux ça, bidipouet dou craminu de j’ai dit ceci et je veux cela ...
OK. Je sors. Comme tout le monde. Tiens, y’a Chevènement. Tiens, y’a Hollande. “Ségolène s’il vous plaît, que répondez-vous aux Français qui s’inquiètent des mésententes au Parti Socialiste ? Ségolène ! Ségolène vous ne répondez pas ?”...
Ségolène me frôle, je sens son parfum. Je n’ai jamais été aussi près d’une Présidente du Poitou Charente de ma vie. Elle a le sourire figé et le regard tourné vers l’avant. Elle ne répond pas à la jeune journaliste, elle ne la regarde pas. Je me fais piétiner pendant que quelques uns me crient dans le cerveau “Ségolène Président”.
Dehors je respire un peu.
Qu’est-ce qui s’est passé ? Je ne sais pas à quoi j’ai servi ce coup-ci ? Qui suis-je ?