Avec cette maudite vie numérique, je ne lis plus beaucoup. Alors quand un créneau se dessine, il y a intérêt à bien choisir sa proie. Ce coup-ci j'ai eu de la chance et, comme il est de coutume sur le Net, je partage ma trouvaille.
"Comment j'ai raté mes vacances" est un petit OVNI. C'est grinçant, absurde, burlesque, exagéré, fin, délirant. Sentant que sa vie bascule dans la médiocrité, notre héros décide d'emmener sa petite famille en camping-caravaning, au sud de l'Angleterre. A priori rien d'exceptionnel, sauf que chaque jour qui passe transforme ce qui devait être un superbe moment de cohésion en cirque déjanté, en bagarres oniriques et fornications improbables. Un "Camping" assaisonné de "Desperados" et de "Las Vegas Parano". La femme du héros est prise de pulsions sexuelles dévastatrices, allant jusqu'à livrer son corps à tout un tas de personnages, du flic dépressif aux nains acrobates. Une fille en pleine crise mystique qui égraine ses convictions chez les Hell's Angels. Un fils névrosé qui veut retourner à l'Etat de nature. Autour d'eux, des cadavres sans têtes, des concours de cricket qui dégénèrent, des spectacles de voltige aérienne à balles réelles, un vendeur de supérette altermondialiste... C'est du délire, c'est n'importe quoi, ça se lit vite et ça défoule ! Je crois que je n'ai toujours pas compris la fin mais je me suis bien poilé...
Voici ce qu'en disait le Figaro.fr en juin :
Le livre. Il y a vingt-sept ans, le très britannique Geoff Nicholson ne se doutait pas, en écrivant What We Did on Our Holidays, qu'il signait là « la plus drôle des comédies noires », comme le soulignait le New York Times de l'époque. Aujourd'hui, on se replonge avec délice dans cette décapante fable burlesque, qui allie la frasque d'un Candide
de Voltaire aux tribulations baroques et insolentes des Monty Python.
Tout commence, comme il se doit, dans un pub. Au Devonshire Arms, Eric
sirote une bière blonde en compagnie d'un ou deux collègues de bureau
avec qui il arrose son quarante-cinquième anniversaire. Soudain, le
voilà frappé par la foudre existentielle de l'âge mûr ! Après quelques
secondes d'une mise en abyme de sa vie entière, le petit comptable
étriqué arrête la décision insensée de prendre avec sa famille « des vacances qui sortent de l'ordinaire »...
au camping-caravaning de Skegness. Il faut savoir que sa femme,
Kathleen, est une insatiable nymphomane, son fils, Max, une brute qui
rêve de régresser à l'état de nature, et sa fille, Sally, une peste
prétentieuse qui verse dans le mysticisme. On comprend alors que leurs
vacances tourneront au désastre. Le mal sous toutes ses formes, parfois
tragique, hilarant toujours, va s'abattre sur la tête de notre
quadragénaire, dépassé par les événements, traçant en creux, comme
l'acide grave le cuivre, la carte géographique et morale de nos
contemporains. Humour anglais, sens acéré de l'observation sous la
charge de la caricature, ce portrait cauchemardesque de l'humanité
vacancière est diablement ressemblant. À en mourir de rire. N'est-il
pas ?
