Quel pied mes aïeux !
Dévoré le bouquin. Je ne me lancerai pas dans des superlatifs trop simples, mais comme disent les professionnels de l'intuition à deux balles, ce gars-là rode dans la cour des grands. Et pas que des grands écrivains ; des grands créateurs d'images. Un livre comme du cinéma, avec des odeurs et de la musique, des manières simples et partagées de voir les choses. "Les arnaqueurs aussi" tiennent autant du Tarantino que du Dard, avec un zeste de John Irving dedans. Une grande histoire d'arnaqueurs, des petits et des gros, des ringards et des affûtés. Tout ce petit monde se croise et se décroise sans que l'on sache vraiment qui arnaque qui, sur fond de croisette et de palaces véreux. On participe à des combats de filles d'Europe de l'Est, à des séances de body-building un peu violentes, à des rencontres inattendues (l'apparition de la bande à Bono -U2, pas l'autre- au milieu du tableau est très rafraîchissante). Les héros sont sympathiques, les histoires se tiennent, et on peut dire que le gars Chalumeau sait maintenir le suspense. Et surtout, régulièrement, on se marre.
Pour ceux qui l'avaient oublié, Laurent Chalumeau est l'auteur historique de de Caunes et Garcia, mais il est aussi parolier, scénariste et écrivain. Le genre de pedigree qui résonne bien dans mes projections personnelles. J'adore ce bouquin.
Chez Grasset.
