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octobre 2007

mer. 31 oct 2007

18/20 à Laurent Chalumeau et ses arnaqueurs aussi

Quel pied mes aïeux !
Dévoré le bouquin. Je ne me lancerai pas dans des superlatifs trop simples, mais comme disent les professionnels de l'intuition à deux balles, ce gars-là rode dans la cour des grands. Et pas que des grands écrivains ; des grands créateurs d'images. Un livre comme du cinéma, avec des odeurs et de la musique, des manières simples et partagées de voir les choses. "Les arnaqueurs aussi" tiennent autant du Tarantino que du Dard, avec un zeste de John Irving dedans. Une grande histoire d'arnaqueurs, des petits et des gros, des ringards et des affûtés. Tout ce petit monde se croise et se décroise sans que l'on sache vraiment qui arnaque qui, sur fond de croisette et de palaces véreux. On participe à des combats de filles d'Europe de l'Est, à des séances de body-building un peu violentes, à des rencontres inattendues (l'apparition de la bande à Bono -U2, pas l'autre- au milieu du tableau est très rafraîchissante). Les héros sont sympathiques, les histoires se tiennent, et on peut dire que le gars Chalumeau sait maintenir le suspense. Et surtout, régulièrement, on se marre.
Laurent_chalumeau Pour ceux qui l'avaient oublié, Laurent Chalumeau est l'auteur historique de de Caunes et Garcia, mais il est aussi parolier, scénariste et écrivain. Le genre de pedigree qui résonne bien dans mes projections personnelles. J'adore ce bouquin.
Chez Grasset.

J'ai rien senti...

San_francisco Je suis une bille en tremblements de terre, c'est un comble quand même (vous l'avez en tête la vanne sur seesmic, je le sais) ! Tout le monde me bip de partout ! Alors ?!? Tu l'as senti ?
Hein ? Quoi ?
LE TREMBLEMENT DE TERRE ENFIN !!!!! Zi EARTHQUAKE !!!!! 5,6 sur l'échelle à Richter !!!
Quoi ? Mais où ? En Indonésie ?
T'es fou ou quoi ? Ici, là, chez nous, là.
...
Mon oncle de Monterey, en Skype direct : "Nos assiettes ont tremblé partout dans la cuisine, il était balaise celui-là. Tu l'as senti ?"
Bah non.
Ma voisine du dessus : "J'ai mis les trois enfants à l'abri sous les tables, c'était dingue... Tu l'as senti ?"
Bah non.
...
Mais pourquoi tout le monde l'a senti sauf moi. J'ai l'impression d'être le seul couillon qui n'a pas ... la chaudasse du village.
...
À peine là depuis une semaine et déjà ça tremble de partout. "Pas vu un comme ça depuis 3 ans", a dit le voisin d'en face.
...
Mais qu'est-ce qui s'est passé pour moi ? Une faille spatio-temporelle ?
...
MYSTÈRE...

Seesmic day 21 : tout seul au bureau...

mar. 30 oct 2007

J'ai rencontré Veronica Belmont. Une tuerie.

Il règne ici une créativité vraiment exceptionnelle. Cette nana, Veronica Belmont, est une Vlogueuse qui monte, qui monte. Elle vient de sortir le Mahalo Daily, un show quotidien qu'elle anime avec humour et charme. Le premier numéro est une parodie de tous les Vlogs qui marchent aux States (et il n'y en a pas tant que ça). Pour ceux qui aiment, vous reconnaîtrez Rocketboom, Lonelygirl15, ZeFrank ou AskaNinja. Cette nana là est vraiment H.I.L.A.R.I.O.U.S. ! (Et désolé c'est tout en Anglais, mais c'est une langue très employée ici...)

À PROPOS DE SEESMIC.INC

Quelques uns parmi les vieux de la vieille s'interrogent sur ce qui se passe ici, à San Francisco, “qu’est-ce que je fous ?”, et pourquoi je ne fais plus Bonjour America... Alors, chers visiteurs de tous poils, je m'en vais vous dire quelques mots sur my new life.

Seesmic_snapshot Je suis arrivé il y a 6 jours. C'est peu quand on y pense. Je viens d'ailleurs à peine de me sortir placidement du décalage horaire (placide et fuseaux). Seesmic, à ce jour, est un site en version pre-alpha (ça veut dire qu'il y a plein de bugs et qu'on fait le maximum pour les régler chaque jour et qu’il serait donc indécent de dire “alpha”. Quant à bêta n’en parlons pas.). Dans seesmic, l'idée, c'est de pouvoir discuter en vidéo autour de sujets parfaitement libres ou en réaction à des "programmes" initiés par seesmic. L'interface est super fluide et permet réellement, en 1 clic, d'enregistrer ses commentaires vidéos, aussi facilement qu'un message dans Twitter. Pour le moment, il y a 300 testeurs dans le monde et déjà près de 5000 demandes d’invitations. Ce n'est pas un coup fait exprès pour faire monter le désir (nous n’avons pas encore qui que ce soit pour s’occuper de ce genre de stratégie de com'), c'est juste que si on ouvre davantage le site, le gars qui s'en occupe, Johann que je salue, va nous péter une durite avant Noël et ça, personne ne le souhaite bien entendu. Si ça ne tenait qu'à nous, on l'aurait déjà ouvert au monde pour voir... Mais il paraît qu’en matière de développement, le “pour voir” ce n’est pas drôle du tout. Je dis ça, j’dis rien, je cause juste. Si on ne peut plus rien demander...

Moi, dans tout ça, je vais devoir organiser la "conversation". Trouver dans chaque thématique qui paraît émerger les bonnes personnes pour créer du contenu original, même à distance (grâce à l'appli). Quelles thématiques ? La Technologie pour commencer, car l'initiateur de ce projet baigne dedans et que c'est le sujet "naturel" de l'Internet, notamment à San Francisco. Mais rapidement, nous parlerons politique avec les élections américaines qui se préparent, humour (parce qu'il ne faut pas déconner), gaming, environnement, etc, etc. C'est un vrai travail d'éditorialisation et de production, passionnant, stressant, qui demande un chouilla de préparation et d'organisation.

À titre personnel, je vais présenter le Seesmic machin (pas trouvé le nom encore), une petite vignette quotidienne qui montrera l'évolution de la boîte jour après jour. Le “seesmic machin” a été conçu hier : donc maintenant faut y aller, trouver le décor, élaborer la guideline du programme, voir combien de temps ça prend, préparer la technique. À l’heure où je vous parle, seesmic, ce sont des locaux tout propres qui sentent la peinture, avec de la moquette neuve, quatre tables Ikea et tout à construire. Même le logo est provisoire (à ce sujet, nous allons lancer un petit concours pour le logo, pour ceux que ça branche, avec récompense et tout ce qui va bien.. ;-).

Si tout se passe bien, on sortira le premier épisode à ma sauce dans une quinzaine de jours... Pour le moment, nous avons décidé de délivrer une vidéo tous les jours quoi qu’il arrive, même quand les monteurs (ceux qui mettent un générique, de la musique, tout ça...) sont absents pour des raisons qui nous échappent encore (on n'écoute pas assez quand des petits jeunes Américains disent qu’ils seront absents lundi, en même temps en plus !). Hier, détendu du genoux après une longue et dure journée, j’ai provoqué le gars en duel. Il a triché car effectivement il a utilisé des muscles pas autorisés par la Fédé. Aujourd’hui, je vais à l’école des petits pour rencontrer la directrice, je vais chez Calumet pour voir le matos dont nous disposerons à portée de main, je reçois une Office Manager (assistante de direction) parce que sinon on ne va pas tenir la distance, je rencontre une bloggueuse Américaine, tout en essayant de préparer le seesmic épisode 21, en espérant que nos deux monteurs, Whit Scott et Giselle Kenedy (j'adore dire leurs noms), seront rentrés de je ne sais où, Oregon ou Arkansas. Autant dire que je m’éclate, que je n’avais pas pris mon pied dans le boulot à ce point depuis la création de Sidièse en 1999. On est loin de Bonjour America, mais pas tant que ça quand on y pense. Et d’ailleurs, ce week-end je vais voir ma famille à Monterey, et je peux vous assurer que je vais aller boire un coup à Mission ranch, Carmel, et demander le patron ! Non mais ! Ils connaissent pas Raoul.

Over the top !

lun. 29 oct 2007

RAZ LE CUL DE LA SPA !!!

Tous les jours, je reçois un mail de leur part me tenant au courant des avancées de leurs actions anti truc ou pro machin, rapport aux chiens et aux chats, tout ça. Cela fait trois fois que je leur demande gentiment de me retirer de leur fichier. Non pas que je n'aime pas les animaux, au contraire, ce sont plutôt les spams qui m'irritent. Alors ce matin, n'y tenant plus, voici le mail que je leur ai envoyés :

"Veuillez me retirer de vos fichiers dans les plus brefs délais ou je tue un caniche avec mes dents !!!!"

J'espère que ça va leur faire peur...

Pour plus tard...

Sf_jones_steet_102807

dim. 28 oct 2007

Je me suis acheté une tablette graphique ! (et non pas palette)

Earthquake_2

Geary Street

Je découvre. Comme un semi-touriste. Là, mais pas encore là. Dans mon meublé provisoire, seul comme un mercenaire, perdu dans la grande ville inconnue, je m'accroche à Geary Street comme à une bouée de sauvetage. Je connais la rue par coeur, de Union Square à Van Ness, que je prononce Vanesse dans ma tête. Les sirènes des pompiers rivalisent avec les sirènes de police, et je crois à chaque seconde devenir le figurant d'un épisode des Experts. Vu trop de films, trop de séries. Pourtant ces américains-là sont bien réels, pas aussi beaux et bien coiffés que dans leurs programmes, plus humains.

Sur Geary, on affronte un homeless tous les cinq mètres. Sales, en majorité noirs, ceux-là aussi sont bien réels. Je me rends compte à quel point la France est unique. Je le savais, mais je le constate, avec une touche de romantisme naïf digne d'un BHL. Pas de Samu social, pas de pitié. Chacun de mes pas est un refus. Pire qu'à Cuba. "Non, tu n'auras rien brother". Je m'endurcis tous les dix mètres. No comprendo.

Il y a ce type, qui s'est mis à marcher près de moi, au même rythme, même pas, me racontant son histoire comme si nous étions de vieux amis. Nous avons marché plus de 100 mètres l'un à côté de l'autre, lui, les pieds presque nus, moi, tranquille dans mes baskets. J'ai senti soudain dans le ton de sa voix qu'il allait devenir plus entreprenant, limite agressif. "Leave me alone, please". J'avais l'air sérieux, dirty Vinvin, et lui habitué. Et le même cirque cinq mètres plus loin, un autre, une autre. Les homeless restent dans le centre car ils n'ont pas la force de grimper la colline. Ils font partie du décor, junkies vomissant, abandonnés. Celle-là, écroulée dans sa crasse, allongée en foetus sur un matelas de vieux San Francisco Chronicles, la tête dans un fond de café Starbucks renversé, s'est mise à péter tout ce qu'elle avait au moment où je passais ! Petite nausée.

J'avance, j'avance, jusqu'à ce cinéma. "Dan in real life", avec Steve Carell (The Office) et Juliette Binoche, remarquable. Pendant les cinq premières minutes, je cherche les sous-titres, qui n'en finissent pas de ne pas venir. Je m'y fais, ça passe ; à entendre les rires, je n'ai raté que cinq ou six répliques. Un excellent film, drôle, émouvant, simple, exactement ce qui me fallait pour entretenir mes émotions, maintenir l'excitation de cette grande aventure . Je regarde un film Américain, entouré d'Américains. Dans l'obscurité de la salle, on se croirait chez nous, les sous-titres en moins.

Il est à peine 20h00 et j'ai faim. Seul au bar, je commande un verre de Bordeaux et une Flammekueche. Mélange étonnant mais c'est tout ce que je trouve. Je pense à ma famille et à tout ce qu'il reste à faire pour que le puzzle soit complet. Rentré dans mon meublé provisoire, je me branche sur ESPN et tente de regarder du foot américain entre les pubs. Pas moyen. C'est insupportable. 3 minutes de programme, 3 minutes de pub.

Il est 21h19 et je vais me coucher avec un bon bouquin : du Voltaire en Français page de gauche, en Anglais page de droite, histoire de cultivate my garden tout bien comme il faut. Je sens monter en moi l'énergie de l'explorateur, une excitation de chaque instant, une extraordinaire envie d'avancer.

To be continued...