Une start-up Française, oui
Monsieur, qui sans faire de vague, est parvenue à créer un site qui
fonctionne, qui plait, qui a développé une vraie connivence avec ses
utilisateurs et qui, en plus, fait des résultats. Mais nous y
reviendrons ;-)
La vie est savoureuse.
Il y a encore quelques semaines, je
m'apprêtais à créer ma société en Californie. C'était à deux doigts
comme disait la célèbre physicienne Chantal Lauby. Et puis le grain de
sable. Quelque chose qu'on attribue à l'intuition ou au
hasard.
Je parle de mon projet de société à mon ami Frédéric. Il me dit que je
devrais en parler à Pierre-Olivier Carles, un de ses amis. Il me dit
que Pierre-Olivier est un gars plein d'idées et que c'est toujours bien de
partager ses projets. Je dis à Frédéric que c'est drôle car je
connaissais Pierre-Olivier pour l'avoir aidé à passer la première annonce d'emploi
vidéo sur seesmic l'année dernière, pour sa société Stonfield in World. On
s'était bien entendus, très bien même. Il a beau être rugbeux et moi
footeux, nous avions trouvé des terrains d'entente.
Nous parlons, nous vidéo-chatons (aucun rapport avec des vidéos de chatons, je tiens à le preciser). Je lui parle de mes projets et lui des siens. On évoque notamment Hellotipi, une société dont il est actionnaire. Je lui dis que je connais, que je suivais le truc depuis quelques temps, que j'avais toujours trouvé le positionnement original : un réseau privé pour la famille, sans pub, sans bruit. Un site pour ceux qui se connaissent : les proches. En plein dans le brouhaha des social médias, des Twitter apps et des Facebook pokes, je trouvais original et gonflé qu'un gars quasi tout seul mène sa barque à contre-courant.
On ne sait plus très bien comment c'est venu, il faudrait retrouver les emails, mais Pierre-Olivier me dit que ce serait vraiment top que je rejoigne François dans Hellotipi, comme "CEO". C'est comme ça qu'on dit PDG en Anglais. Parce que PDG ça fait quatrième republique. Alors que CEO ça fait entrepreneur qui en bave dans la crise mondiale.
Bien que là, l'entrepreneur, le fondateur, le gars qui a eu l'idee formidable il y a quelques années de partager ses photos avec sa famille,
ce n'est pas moi c'est François et je me demande comment il prendra la
chose. Pierre-Olivier me dit qu'il n'y aura pas de souci, que François est super
cool, qu'il a vraiment besoin d'aide... Et qu'en fait il est déjà
super d'accord parce qu'ils en ont déjà parlé. Filou de rugbyman !
OK. Je décide de me rendre en Floride à la rencontre "physique" de Pierre-Olivier pour qu'on discute d'homme à homme. Parce qu'entre "ce serait vraiment cool" et "on le dit puis on le fait", il y a souvent un gap.
En Anglais on appelle cela un "man crush". Quand deux mecs qui se connaissent à peine deviennent potes en moins de deux heures au point qu'on dirait qu'il se passe un truc. Au soleil de Floride par un après-midi de février, nous avons bu des coups, parlé de la vie, refait le monde,... Une première journée sans parler d'Hellotipi du tout. Un passage dans un bar local, à se brûler en mangeant des calamars frits et vidant nos Chardonnay en regardant du basket sur les télés en hauteur. Le lendemain, nous sommes passés aux choses sérieuses. On a discuté du pourquoi du comment. Quel rôle dans le projet, quelles responsabilités, quels objectifs, etc, etc, etc. Une conversation fluide et sans accroc, comme aurait dit notre maître à tous, John "Hannibal" Smith.
Nous sommes d'accord et décidons d'aller plus loin immédiatement. On Skype-call François qui n'en peut plus d'être loin. Imaginez le gars. Il a créé sa boite il y a deux ans et il s'apprête à partager le projet pour la première fois.
Fluide, cool, riche de gros moments : le courant passe au poil. Nous sommes tous sur la même longueur d'ondes : sur le produit, sur l'importance de prendre le temps de bien faire, sur le respect, sur les objectifs. J'avais croisé François au Web en décembre, mais nous n'avions pas parlé d'Hellotipi. Il connaissait mon blog et l'aventure seesmic. Mais c'est sur Skype que nous nous sommes vraiment découverts : c'est ça d'être à la fois un digital enthusiatic et un digital nomad. Je rentre à San Francisco avec l'envie à son maximum. Un projet passionnant et des mecs biens : je veux le faire !
Il reste cependant un gros détail, le genre de détail qui peut tout arrêter. Il faut encore convaincre le dernier actionnaire d'Hellotipi. Le gars s'appelle Pierre Chappaz. François avait rencontré Pierre en gagnant le concours de start-ups organisé par ce dernier en décembre 2007. Pour ceux qui ne connaissent pas, Pierre avait un temps dirigé puis vendu Kelkoo à Yahoo. Il a aussi été l'un des protagonistes majeurs d'un ouvrage qui fera date dans la littérature de management : "Kelkoo, ils ont reussi leur start-up". La situation pourrait paraitre à mon avantage, me diriez-vous, mais pour cerner un peu Pierre Chappaz, je sais que ce n'est pas si simple. On ne parle plus d'écrire un livre, mais de diriger une entreprise dans laquelle ils ont investi, et du temps, et du capital. Nothing personal !
Grosses réunions, toujours online, et tous ensemble cette fois. Je défends le projet, ma vision, les coûts, le temps... Ma mission ? Accompagner François dans l'optimisation du site et l'animation de la communauté, communiquer et "évangeliser" (sorte de pasteur mormon adapté aux social médias), mettre en place les versions étrangères (demandées par les utilisateurs dont de nombreuses familles sont multi-culturelles) et enfin driver le developpement...
C'est bon !
Depuis hier, Lundi 2 Mars, je suis a bord. Mais depuis trois semaines, avec François, on s'éclate ! Hellotipi est un service qui démarre bien (déjà 15.000 utilisateurs), avec une idée simple : proposer un espace privé à la famille pour partager, archiver et communiquer dans un espace protégé (photos et vidéos illimitées, blog, messages, etc) et sans pub ! On entend la "famille" au sens large, puisque certains utilisateurs eux-mêmes ont détourné la nature du site en se créant des sites d'amis. Vous savez ? Les amis, les vrais, ceux qu'on connait depuis 20 ans et avec qui on partagerait bien des photos ou des histoires sans que la terre entière le sache...
Bref, on va la jouer à fond et, pour cela, j'ai carte blanche. D'ailleurs j'ai tout de suite dit à Pierre-Olivier et François que j'avais prévu de refaire un vidéo podcast régulier, en Français, même depuis les US. Ils ont répondu d'une seule voix qu'il ne fallait surtout pas me priver ! J'aime l'esprit de ces gars-là. On va donc joindre l'utile à l'agréable.
Je crois qu'il y a la place aujourd'hui pour mener une aventure entrepreneuriale performante et utile tout en restant soi-même, en faisant ce que l'on aime, en profitant de sa famille et en montrant un visage différent de l'entreprise. Nous voulons bien faire notre boulot et prendre du plaisir.
A suivre...
PS : du coup je rentre en France, tres bientôt ! ;-)
PS 2: en photo ci-contre le petit message que j'ai sorti de mon fortune cookie le lendemain de mon voyage en Floride. L'hallu.
PS 3: Je ne pensais pas écrire un PS 2 de ce genre un jour.